Un monde si terne?

VIRÉ

Citerne peinte  coulures et éclaboussure. Big red fish.
Land art
Citerne du mas d’en Pachette:

Le boss l’avait convoqué à 11 heures. Il n’y a pas vraiment une heure meilleure qu’une autre pour se faire virer. 11 heures, c’est plutôt pratique parce que juste après tu peux enchaîner sur l’apéro. Donc à 11 heures son patron lui avait expliqué que la conjoncture internationale des bouchons de liège nécessitait de gros efforts de productivité. La tarte à la crème du licenciement c’est ça : la productivité ! Associé à la conjoncture internationale, ça fait un joli combo pour se faire enculer. C’est à peu près ce qu’il lui avait répliqué, et peut-être qu’il aurait mieux fait de garder son calme. C’était l’entretien de conciliation et il n’avait pas franchement conciliationné. Avec deux gamins et une baraque pour laquelle l’emprunt l’engageait encore vingt-deux ans, il n’avait ni l’envie ni les moyens d’être conciliant. Il ne pouvait que supplier son patron de bien vouloir le garder comme esclave ou comme tapis de chiotte ou alors peter les plombs.

Sa boîte fabriquait des bouchons haut de game. Des bouchons technologiques, vendus pour certains plus de 100 balles pour obturer des bouteilles de Romanée-Conti ou de Mouton-Rothschild, des boutanches qui flirtaient avec les 5 000 à 7 000 balles le litron. Jusque-là, tant que ça lui assurait son salaire de technicien supérieur, il l’avait admis, non seulement admis, mais en plus, il avait été souvent fier de participer à cette industrie du luxe dont il refusait de voir le côté absurde. Maintenant qu’il avait pris un retour d’absurde dans la gueule, toute cette mascarade lui trouait un peu le cul.

11 heures, c’était un peu tôt pour appeler sa femme qui allait l’incendier, lui demander comment on allait faire pour les leçons particulières de guitare du petit. Est-ce qu’on allait devoir annuler le rendez-vous chez le toiletteur pour le kiki de race ? Il attendrait le soir pour communiquer la bonne nouvelle. Alors il était entré dans le premier bar, celui à droite en descendant le boulevard. Le bar où il avait toujours détesté rentrer parce que ça puait la loose, le PMU toujours perdu et le loto qui engrossait la française des gueux. Il était déjà humilié, alors pourquoi pas boire le calice ? Avec un peu de blanc, un muscat sec, dedans. Puis un second, pour la soif.

Il était midi quand il avait repris son chemin. Cette fois c’était l’heure de boire et il s’était attablé au café de France, en terrasse où il était connu pour être un type raisonnable. Il se jeta un 102, double pastis 51, qu’il ingurgita avec trois glaçons mais sans eau, ce qui le laissa rêveur pendant une demi-heure. Alors il se redressa et continua son implacable route, à pied. Il arriva au Casino où il parvint à faire bonne figure. Exhibant ses papiers, il se dirigea vers le bar. Là, méthodiquement, quart d’heure après quart d’heure, il se noya dans des degrés qui devinrent vertigineux. Le barman le connaissait bien, il avait été stagiaire à la bouchonnerie, il compatissait. Il était en bout de bar et avait une bonne vision sur la salle à moitié vide. Quand le garçon s’en fut servir une tablée, à l’opposé du salon, il se fendit sur sa gauche et, d’un geste précis pour un type dans son état, attrapa une bouteille de Ricard posée là pour servir de réserve. Il parvint à la cacher sous son aisselle. Le jeune serveur ne remarqua rien et les caméras de surveillance devaient bosser en pilote automatique.

Vers 14 heures, on lui fit comprendre qu’on ne le servirait plus et avec difficulté il reprit son chemin, sa bouteille sous le bras, dissimulée par la veste. Par erreur, il se dirigea vers les thermes du village mais loupa l’embranchement et suivit une piste sur cinq cents mètres à l’orée d’un maquis. Un gros poisson multicolore le regardait, bienveillant. Peint sur le dos d’un réservoir d’eau, il trônait au milieu d’une clairière. Il s’assit à ses côtés et déboucha sa bouteille d’anisette. Il avait eu l’idée géniale, inédite, l’idée d’un escroc amateur. Il remplacerait chaque gorgée bue par un peu d’eau offerte par ce réservoir. Ni vu ni connu, le niveau ne baisserait pas. Il était 15 heures environ et ce jeu de dupes dura jusqu’à 18 heures. On était au mois de juin, et la chaleur commença à décroître. Il sombra.

Une pulsation le maintenait en vie. Un battement sourd et grave de couleur pourpre. Un beat profond, déplacement d’air qui tambourinait en vrombissant. La cuve contre laquelle il gisait était en vie. C’était une monstrueuse bactérie cosmique. Sa paroi de fer était bien vivante, elle se nourrissait de l’air du temps et chiait la rouille ; respirait par la surface et vivait depuis des millénaires dans ces bois, grossissant de façon imperceptible. Si lentement que l’œil humain ne pouvait le percevoir. Couché le long du métal chauffé au soleil, le nouvel alcoolique percevait le cœur de la citerne, ses pulsations et ses conflits électriques. Puis une fois tous les mille deux cents ans, la citerne, quand elle avait assez grandi, se divisait, explosait et propulsait son bourgeonnement dans l’éther. La petite citerne nouvellement née retombait quelque part lors d’une nuit sans lune dans un nouveau cadre.

Son coma éthylique dura la nuit. Il se vomit dessus, eut des syncopes et des apnées mais son cœur supporta la peine qu’il s’était infligée. Sa survie tint au mimétisme de son inconscient avec la vie de cette bête monstrueuse venue de nulle part. Une méchante migraine lui tenaillait les tempes, sa boîte crânienne était devenue beaucoup trop petite et les pulsations artérielles jetaient dans ce casque d’os un sang en ébullition. Soixante coups de marteau par minute lui cognaient les méninges et la citerne tanguait à l’unisson. Ses yeux mi-clos ne supportaient plus la lumière.

Son épouse avait prévenu les gendarmes, les pompiers et tous leurs amis. Elle était tellement inquiète depuis qu’un collègue de travail de son mari, lui aussi invité à prendre le wagon pour Pôle Emploi, lui avait raconté l’épouvantable matinée qu’ils avaient vécue. Elle avait bien vu depuis quelques mois la tension extrême et le moral qui tombait dans les chaussettes. Elle avait laissé de côté les futilités du quotidien, les petits luxes auxquels ils avaient pris goût. Il ne l’avait pas remarqué, aveuglé par le stress. Peur qu’il ne fasse une grosse bêtise. Alors elle sonna le branle-bas et tout le monde chercha son Jacquot. La piste était assez simple jusqu’à la forêt : il avait fait tous les bars ; Jacques était un type simple. La forêt demandait un peu plus de méthode mais on arriva vite au pied de cette grosse citerne débonnaire sur laquelle était peinte une baleine souriante. Des vêtements étaient éparpillés autour de la bête. Le couvercle de la cuve était ouvert et c’est à 10 heures du matin, le lendemain de son licenciement, qu’on découvrit le Jacquot, nu et en position fœtale, qui ronflait comme un sonneur dans le ventre de la baleine.

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Varsovie-Uprising_44

affiche_pologne ( cliquer dessus pour la visualiser)

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horizontale       L’exposition qui a lieu du 02septembre au 25 septembre 2014, rend hommage aux insurgés de la ville de Varsovie  en 1944. C’est le soixante dixième anniversaire de cet événement. Patronnée par l’Ambassade de France et le Musée de L’Insurrection de Varsovie, Le Musée d’Histoire Militaire de Varsovie.

Un petit rappel historique pour ceux qui ne s’en souviennent pas. Entre Aout 44 et septembre, l’armée  libre polonaise a tenté de se soulever contre l’envahisseur Nazi. Son statut était reconnu par les Alliés et les Russes. Mais les insurgés ne furent que peu aidé par les  Anglo-A méricains avec des parachutages insuffisants  et ne furent pas du tout aidés par les soviétiques, qui attendaient que le fruit soit mûr, de l’autre côté de la Vistule . Ce soulèvement fut un échec. La ville détruite à 95 pour cent par l’envahisseur et la population qui était en 1943 de 1 million 300 000, passa au début  août à 900 000. En octobre c’étaient seulement mille personnes qui restaient dans les décombres. Les Nazis étaient en déroute sur le front Est et les Soviétiques envahirent la Pologne. Cinquante ans de régime communiste ne permirent pas aux Polonais de rendre hommage à ces combattants. C’était aussi un temps durant lequel on ne célébrait pas une défaite.

C’est ce thème que Joanna Bruzdowicz, compositrice Franco-Polonaise a illustré avec son concerto « The cry of the Phoenix ». C’est Joanna qui a été l’instigatrice de cette aventure. Elle en a été aussi la  guide , traductrice, agent, public-relation et historienne, qu’elle en soit très grandement remerciée. Et c’est cette histoire que j’ai tenté de mettre en peinture. Lire la suite

reinterpretation

Caravage -et -moi/le-catalogue

article  burq(1)

 

L'Eglise Santa Maria, piazza del Popolo où sont exposés le Saint Pierre et le Saint Paul du Maestro Caravaggio

L’Eglise Santa Maria, piazza del Popolo où sont exposés le Saint Pierre et le Saint Paul du Maestro Caravaggio

PASCAL_ BURQ ART_BOOK  

cliquer sur le lien ci- dessus pour le catalogue…

En avant première de l’expo, et en guise d’apéritif, le catalogue en italien avec les textes traduits en français en fin de catalogue. A vous de voir, lire et apprécier (ou pas!)

Nota les toiles mesurent entre 2m par 1,15m et 2,5m par 1,15m sur papier d’arche 300g/m2 aquarelle- encre de chine- bombe aeroso-l stylo- crayon-seringue-tube à éssai-

Caravage-et-moi

        Exposition à Rome en 2014 et à Céret en 2015

Chiesa Santa Maria del Popolo- Piazza del popolo

Médiathèque  Ludovic Massé-Céret

Sous le patronage de:  La ville de Rome, l’Ambassade de France près le Saint siège,

Il Museo Parigino a ROMA. Ville de Céret

carton invitation

carton invitation

L'affiche del 'exposition

L’affiche del ‘exposition

Caravage m’est tombé dessus en 1990. J’étais alors un jeune peintrinaire installé dans le sud de la France. Le peintrinaire est cette espèce bizarre qui a un travail sérieux et rigoureux la journée et qui soigne ses névroses et ses obsessions la nuit en maculant de pauvres feuilles et des toiles innocentes. En fait j’exerçais l’art vétérinaire de jour et je m’essayais à l’art tout court en mes soirées. C’est ce Noel là que je reçus un livre: Caravage, le clair obscure. Je découvrais le génie. Page après page la perfection m’aveuglait. Quel choc ce fut. La science absolue de l’éclairage, la mise en scène, le dessin et jusqu’au choix des modèles. Tout était parfait ,insurpassable et d’un intelligence exquise. Je recevais une gifle et le souffle de cet perfection à quatre siècles d’intervalle. C’est dire s’il avait du talent et le bras long! Lire la suite

Puzzleman au chateau royal de Collioure

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L’affiche de la région.

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Le site : no comment!

Une exposition sous le patronage du Conseil Général des Pyrénées Orientales.

Cette exposition s’organise autour de la reconstitution d’un puzzle de 10m par 1,5m. L’oeuvre de 50 pièces avait été distribuée à des amis pour la refabriquer tous ensemble. Chacun devait faire vivre sa pièce, la filmer, l’emmener en voyage, s’amuser avec, la photographier et me donner le résultat pour montrer son devenir dans une vidéo. Une vidéo de la création-vie particulière-reconstitution devrait voir le jour

Aucune pièce n’a manqué lors de la reconstitution.Par contre certaines avaient vécu les événements terribles que la vie réserve. Séparation maladie, décès…

Mon idée qui était insouciante et créative se heurtait au réel et à son pragmatisme sordide.

Deux autres toiles de 9m inspirées d’un voyage aux antilles sont exposées.

Le jardin Coluche à Bouillante Colorfull un monde recréé avec des pièces de puzzle.

Une histoire de la Guadeloupe vue par les petits puzzle avec notre expérience sur place.